RÉSERVE DE FAUNE DE BINDER-LÉRÉ

L’Afrique en miniature (zones humides, chutes, forêt ouverte et savane)

La Réserve de Faune de Binder-Léré est située dans le sud-ouest du Tchad, près de la frontière Camerounaise. Elle couvre une superficie de 135 000 ha marquant la transition entre les milieux naturels soudanais et sahéliens. La réserve a été créée en mai 1974 par décret présidentiel. En 2001, le site a été classé comme zone humide d’importance internationale (site Ramsar) et désigné comme Zone Importante pour la Conservation des Oiseaux (ZICO).

La Réserve abrite une diversité unique de zones humides ainsi que les plus grandes chutes d’eau du pays, les chutes Gauthiot, avec un dénivelé de 45 mètres. Les chutes constituent une barrière naturelle pour les espèces de poissons du bassin du Niger au bassin du Tchad, ce qui donne au site un intérêt biogéographique particulier. En dehors des zones humides, Binder-Léré abrite des forêts ouvertes et des forêts galeries peuplées de grands arbres de la savane soudanaise et de graminées vivaces. En plus de cela, la zone contient de grandes plaines inondables servant de zones de reproduction pour de nombreuses espèces de poissons, ainsi que deux lacs (Léré́ et Tréné) abritant une riche avifaune afro-éthiopienne.

Faune sahélienne emblématique

Parmi les espèces les plus inattendues dans cette région sahélienne figure le Lamantin, que l’on trouve dans les 2 lacs. La Réserve abrite également des girafes, des hippopotames, des hippotrages rouannes, des Cobes des roseaux, des Ourébis et des céphalophes de Grimm. Depuis fin 2006, l’écosystème de la Réserve de Faune de Binder-Léré accueille la troisième plus grande population d’éléphants du Tchad, avec environ 125 éléphants.

En raison du braconnage incontrôlé et de la perte d’habitat au fil des ans, les populations de la plupart des espèces de la Réserve ont chuté. Une intervention rapide est nécessaire pour reconstituer les effectifs.

ha

Cette surface peut sembler peu importante, mais il est rare de trouver 100 000 ha d’écosystème sahélien intact de nos jours.

hippopotames

Leurs excréments fertilisent l’écosystème aquatique et favorisent ainsi la production de poissons pour les pêcheurs.

Lamantins

La Mami Wata est une déesse de la mer et un symbole de richesse et de beauté dans de nombreuses légendes africaines.

Eléphants

La troisième population au Tchad et la deuxième population viable se trouvant dans une aire protégée.

Oribis

Petite antilope d’Afrique orientale, australe et occidentale de 50-67 cm et de 12-22 kg.

Personnes autour de la réserve

Comprends 3 chefferies coutumières : le Gong (chef traditionnel Moundang) de Léré, le Gong de Lagon et le Lamido (chef traditionnel Peuhl) de Binder.

km du Cameroun

La circulation des personnes mais aussi des animaux à travers la frontière est courante et représente un défi supplémentaire en matière de gestion de l’Aire Protégée.

Girafes Kordofan

Il s’agit d’une population relique de cette sous-espèce de girafe gravement menacée qui doit être protégée pour assurer sa survie.

Comment nous concevons l’avenir

Après avoir classé le cœur de l’Aire Protégée en Parc National, la vision de Noé est de restaurer et de protéger les populations d’animaux sauvages et leur habitat, et de soutenir les communautés locales qui en dépendent en périphérie du Parc.

Pour ce faire, la protection doit être assurée, ce que PDN assure actuellement par :
– Une surveillance aérienne régulière avec la fondation Wings for Conservation
– Un appui aux agents des services de lutte anti-braconnage existants
– La création d’un parc national, qui sera géré par PDN en 2021

Une fois le parc créé, PDN s’engage à :
– Créer et développer les infrastructures
– Mettre en place un système de surveillance, avec les communautés, comprenant une unité anti-braconnage, la surveillance aérienne, une salle de contrôle reliée aux équipes de terrain et des espèces clés équipées d’émetteurs GPS, pour surveiller et maintenir leur nombre et les écosystèmes
– Organiser des opérations massives de transfert et de réintroduction de la faune sauvage pour redonner à cette Réserve son aura d’antan où la faune était abondante

Amélioration des conditions de vie et Pérennité

Les communautés vivant en périphérie de la Réserve seront impliquées par :
– La création d’emplois localement et leur représentativité dans les organes de gouvernance
– L’élaboration d’un plan de gestion des conflits Homme-Faune Sauvage
– La mise en place de chaînes de valeur pro-biodiversité (agriculture) et la structuration la pêche traditionnelle
– L’appui à la filière agropastorale et la transhumance en complément de l’élaboration d’un plan d’aménagement du territoire
– L’éducation environnementale
– L’amélioration des services sociaux de base (santé, eau, etc.)

PDN vise à garantir des ressources financières durables pour la pérennité financière de Binder-Léré en :
– Développant le potentiel touristique et en attirant des investisseurs et des opérateurs nationaux et internationaux
– Impliquant l’agro-industrie grâce à un système de compensation environnementale

Parcs de Noé est un programme de l'ONG Noé, qui est une association de protection de la nature, d’intérêt général et à but non lucratif, créée en 2001. Elle déploie en France et à l’international des actions de sauvegarde de la biodiversité pour le bien de toutes les espèces vivantes, y compris de l’espèce humaine.