PARC NATIONAL DE ZAH SOO

Un parc aux multiples biotopes

Le Parc National de Zah Soo est situé au Sud-Ouest du Tchad à proximité du Cameroun, et se trouve dans une zone de transition entre milieux soudaniens et sahéliens. Avec la Réserve de Faune de Binder-léré, il fait partie du Complexe d’Aires Protégées de Binder-Léré (CAPBL). Il comprend une variété unique de zones humides ainsi que les plus grandes cascades du pays, les «Chutes Zah Soo», d’une dénivellation abrute de 45 mètres. Les chutes constituent une barrière naturelle insurmontable pour les espèces de poisson du bassin du Niger vers le bassin du Tchad. L’aire protégée est constituée de forêts ouvertes et de galeries forestières peuplées de grands arbres de la savane soudanaise et d’herbes vivaces, de grandes plaines inondables servant de frayères et de nurserie à de nombreux poissons, ainsi que deux lacs (Léré́ et Tréné) accueillant une riche avifaune.

Une faune menacée

Parmi les espèces les plus inattendues dans cette région sahélienne figure le lamantin, mammifère aquatique herbivore que l’on trouve dans les 2 lacs. Le parc abrite également des girafes, des hippopotames, des hippotragues rouannes, des Cobes des roseaux, des Ourébis et des céphalophes de Grimm. Depuis fin 2006, cet écosystème accueille la troisième plus grande population d’éléphants du Tchad, avec environ 125 éléphants. Zone d’importance internationale pour la conservation des oiseaux, l’avifaune se compose essentiellement d’espèces afro-éthiopiennes comme les dendrocygnes veuf et fauve, l’oie de Gambie et le canard casqué. En raison du braconnage incontrôlé et de la perte d’habitat au fil des ans, les populations de la plupart des espèces du parc ont chuté. Une intervention rapide est nécessaire pour reconstituer les effectifs.

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Cette surface peut sembler peu importante, mais il est rare de trouver 100 000 ha d’écosystème sahélien intact de nos jours.

hippopotames

Leurs excréments fertilisent l’écosystème aquatique et favorisent ainsi la production de poissons pour les pêcheurs.

Lamantins

La Mami Wata est une déesse de la mer et un symbole de richesse et de beauté dans de nombreuses légendes africaines.

Eléphants

La troisième population au Tchad et la deuxième population viable se trouvant dans une aire protégée.

Ourébi

Petite antilope d’Afrique orientale, australe et occidentale de 50-67 cm et de 12-22 kg.

Personnes autour de la réserve

Comprends 3 chefferies coutumières : le Gong (chef traditionnel Moundang) de Léré, le Gong de Lagon et le Lamido (chef traditionnel Peuhl) de Binder.

km du Cameroun

La circulation des personnes mais aussi des animaux à travers la frontière est courante et représente un défi supplémentaire en matière de gestion de l’Aire Protégée.

Girafes Kordofan

Il s’agit d’une population relique de cette sous-espèce de girafe gravement menacée qui doit être protégée pour assurer sa survie.

Ambitions pour l’avenir

Le 26 juillet 2021, un accord de partenariat a été signé entre le Ministre de l’Environnement, du Tchad et le Président de Noé, Arnaud Greth, pour confier à Noé la gestion du Parc National de Zah Soo pour une durée de 15 ans.

Cette collaboration unique permet de relever les défis de gestion qui consistent à aménager l’aire protégée, soutenir le développement des communautés locales en périphérie du parc, sauvegarder les espèces menacées à travers une meilleure protection, et développer à terme son attractivité touristique.

La protection du parc est assurée avec :

  • Une surveillance aérienne régulière
  • Un appui aux agents des services de lutte anti-braconnage existants

Le développement du parc est assurée avec :

  • La création et le développement d’infrastructures
  • Un système de surveillance, avec les communautés, comprenant une unité anti-braconnage, le survol aérien, une salle de contrôle reliée aux équipes de terrain, et des espèces clés équipées d’émetteurs GPS, pour examiner leurs déplacements et maintenir leur population effective
  • L’organisation d’opérations massives de transfert et de réintroduction d’espèces sauvage pour redonner au parc sa faune jadis abondante

Amélioration des conditions de vie et pérennisation

Les communautés vivant en périphérie du parc sont impliquées par:

  • La création d’emplois localement et leur représentativité dans les organes de gouvernance
  • L’élaboration d’un plan de gestion des conflits Humain-Faune Sauvage
  • La mise en place de chaînes de valeur pro-biodiversité (agriculture) et la structuration de la pêche traditionnelle
  • L’appui à la filière agropastorale et la transhumance en complément de l’élaboration d’un plan d’aménagement du territoire
  • L’éducation environnementale
  • L’amélioration des services sociaux de base (santé, eau, etc.)

Parcs de Noé vise à garantir des ressources financières durables pour sa pérennité financière :

  • en développant le potentiel touristique et
  • en attirant des investisseurs et des opérateurs nationaux et internationaux
  • en impliquant l’agro-industrie grâce à un système de compensation environnementale

 

Parcs de Noé est un programme de l’ONG Noé, qui est une association de protection de la nature, d’intérêt général et à but non lucratif, créée en 2001. Elle déploie en France et à l’international des actions de sauvegarde de la biodiversité pour le bien de toutes les espèces vivantes, y compris de l’espèce humaine.